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MiG-17F MiG-17F Si, comme nous l'avons vu dans la dernière partie de la page précédente, les escadrons de chasse s'exercèrent à l'attaque au sol avec leurs nouveaux MiG-15 au début des années cinquante, ce n'est qu'en 1957, après la disparition pure et simple des régiments de "chtourmovik" quelques mois auparavant, que les premières unités dites de chasse-bombardement furent mises sur pied. C'est que, près d'un an après l'abolition de l'aviation d'assaut, une directive du Chef d'état-major général des forces armées de l'URSS datée du 17 mai 1957 entérinait la création de l'aviation dite de chasse-bombardement. Cependant, il fallut attendre 1960 pour que des unités répondant à cette nouvelle appellation fassent leur apparition en RDA. Mais plutôt que de former de nouveaux régiments, des unités de chasse déjà en ligne au sein de la 24.VA furent transformées en unités de chasse-bombardement au cours de cette année, leur numéro de régiment restant, alors que leur désignation passait de régiment d'aviation de chasse (Istrebitelniy Aviatsionniy Polk - IAP) à régiment d'aviation de chasse-bombardement (Istrebitelniy-Bombardirovchtchniy Aviatsionniy Polk - IBAP).

MiG-17F MiG-17F Six régiments stationnés en RDA constituèrent l'aviation d'appui tactique au sol en 1960. Ils étaient tous issus de la chasse : 19.Gv, 20.Gv, 116.Gv, 497., 559., et 730.IAP. Ceux-ci furent répartis au sein de deux anciennes divisions de chasse : les 105. et 125.IAD. Avant de devenir la 105.IBAD le premier mars 1960, la 105è Division d'aviation de chasse avait sous son gyron les 497., 559. et 296.IAP. En mars 1960, les deux premiers régiments sont devenus des IBAP, tandis que le 296.IAP rejoignait les rangs de la 6.GvIAD, alors que le 116.GvIAP de la 126.IAD devenait le 116.GvIBAP à la même date et prenait sa place. La 105.IAD relevait du 61.GvIAK et lui resta subordonnée même après sa transformation en IBAP, jusqu'à la disparition du Corps en 1980. Le 61è Corps d'aviation de chasse de la garde (Gvardeiskiy Istrebitelniy Aviatsionniy Korpous - GvIAK) avait également sous sa responsabilité les 6.Gv et 126.IAD. La 125.IAD quant à elle relevait du 71.IAK. Elle aussi, resta affectée à cette unité - qui contrôlait également la 16.GvIAD - jusqu'à sa dissolution en 1988. Avant le premier juillet 1960, la 125.IAD comptait dans ses rangs les 33., 730. et 787.IAP PVO (1). Les 33. et 787.IAP passèrent à la 16.GvIAD et furent remplacés au sein de la nouvelle 125.IBAP par les 19. et 20.GvIAP auparavant en ligne avec la 16.GvIAD, transformés à leur tour en unités de chasseurs-bombardiers tout comme le 730.IAP.

ORBAT 1960 - 1976

Airfield Attack MiG-17 Bombing Run Les MiG-17 ont commencé à remplacer les MiG-15bis au sein des unités de chasse de la 24.VA au début de 1955. Vingt caisses contenant des avions démontés avaient été observées pour la première fois à Altes Lager le 8 mars. Bien que la production en masse de ce nouvel appareil débuta fin 1952 à Novossibirsk et Komsomolsk-sur-l'Amour, nous ignorons si les premiers "Fresco" livrés en RDA étaient des MiG-17 "sans suffixe" ou déjà des MiG-17F. On notera au passage que quelques unités volaient encore avec des MiG-17 "sans suffixe" plus de dix ans plus tard (voir le lien intitulé "Le MiG descendu du ciel" plus bas). Les MiG-15bis et MiG-17 "Fresco-A" étaient propulsés par le même réacteur VK-1A de 2700 kgp, tandis que le MiG-17F "Fresco-C" utilisait le moteur VK-1F doté de la post-combustion permettant d'augmenter la poussée jusque 3380 kg. La vitesse maximale à 3000 mètres était de 1145 km/h, tandis que Mach 0.994 était atteint à 11000 mètres d'altitude.

MiG-17F UTI MiG-15 L'armement de bord restait identique à celui du MiG-15bis, à savoir un canon Noudel'man N-37 de 37 mm à droite et deux canons de 23 mm Noudel'man-Rikhter NR-23 à gauche du nez. Deux points d'attache étaient disponibles sous les ailes pour emporter soit deux réservoirs de carburant d'une capacité de 400 litres ou deux bombes de 50, 100 ou 250 kg. A l'instar du MiG-15, ces dernières étaient fixées directement à des lance-bombes D-4-50 ou BD-5-56 situés à l'intérieur des ailes, sans l'intermédiaire d'un pylone porteur, comme illustré sur la photo tout en haut à gauche de cette page ou ci-dessous à gauche. Mais dès le début des années 50, les MiG-17 ont été davantage adaptés au rôle de chasseur-bombardier. Il s'agissait d'abord de pouvoir emporter des fusées non guidées de gros calibre. A cette fin, MiG-17 et MiG-17F ont été équipés de deux pylones fixés aux points d'emport d'origine où étaient attachés habituellement réservoirs supplémentaires ou bombes. Certains de ces appareils étaient équipés d'un radio télémètre SRD-1M "Radal'-M" que l'on reconnaissait à son long carénage étroit monté devant le parebrise (plusieurs photos dans cet article le montrent). Il semblerait que dans ce cas, le viseur gyroscopique ASP-3NM était remplacé par un viseur optique ASP-5N.

MiG-17 Chargement d'une bombe de 50kg sous l'aile d'un MiG-17 à Neuruppin. © B.Orlov

Loading a 50kg bomb under a MiG-17 wing at Neuruppin. © B.Orlov
UTI MiG-15 La panoplie d'armement comprenait des roquettes S-21 de 210mm montées sur des adaptateurs PU-21. Les "Fresco" modifiés avec le système d'armes AS-21 étaient désignés MiG-17AS (> Lien). Un MiG-17 porteur de deux pylones montés aux points d'emport habituels est illustré dans la page intitulée "Le MiG descendu du ciel" donnée en lien plus bas. Certains MiG-17 ont reçu deux pylones supplémentaires soit à l'extérieur des points d'attache d'origine situés près du train d'atterrissage (entre ce dernier et la seconde cloison d'aile - voir la photo ci-dessous à droite), soit entre l'emplanture de l'aile et le train d'atterrissage (un peu avant la première cloison d'aile). Cette dernière configuration concernait par exemple la version d'attaque au sol du MiG-17F produite en Pologne sous la désignation Lim-6bis. Une quarantaine d'anciens Lim-5 de chasse (des MiG-17F construits sous license en Pologne par WSK Mielec) des LSK/LV furent convertis selon ces standards à Dresde. Des conteneurs lance-roquettes MARS-2 étaient attachés à ces pylones additionnels (> Lien). Il y avait également une variante soviétique avec des pylones dans le prolongement de la première cloison d'aile destinés à recevoir un tube lance-roquettes ORO-190 ou encore des fusées ARS-212 (> Lien 1 / > Lien 2). Signalons également une version avec deux pylones supplémentaires BD3-60-21UM montés dans le prolongement de la troisième cloison d'aile permettant de recevoir des fusées S-24 accrochées à des supports PU-12-40UD (> Lien).

MiG-17 MiG-17AS Comme l'illustre la photo ci-contre à droite, la 24.VA a bien mis en oeuvre des "Fresco" équipés de 4 points d'emports. Un pylone était fixé de manière permanente au point d'emport additionnel situé à l'extérieur de celui d'origine, à peu près au niveau de la troisième cloison d'aile. Une telle machine a par exemple été observée par des équipes de la USMLM à Gross Dölln en 1972. Le régiment local, comme d'autres, semble en effet avoir conservé un escadron armé de MiG-17F malgré le rééquipement des autres escadrons avec des Su-7B. D'autres configurations d'armement comprenant davantage de points d'emport ont existé au sein du Pacte de Varsovie ou à l'exportation. Le MiG-17F était donc le cheval de bataille de tous les régiments de chasseurs-bombardiers de la 24.VA en 1960. En l'absence d'une version biplace du "Fresco," l'entraînement et les vols de servitudes étaient bien entendu assurés par des UTI MiG-15. Les "Midget" biplaces propulsés par un réacteur RD-45F de 2270 kgp comme les MiG-15 "sans suffixe," resteront par ailleurs fort longtemps en service au sein des unités de chasse et de chasse-bombardement bien après le retrait des différentes versions du MiG-17. Enfin, il faut mentionner le fait que certaines unités de chasse ayant une dotation mixte de MiG-17F et PF "Fresco-D" - ceux-ci étant dotés d'un radar de poursuite de tir RP-1 ou RP-5 Izoumroud (Emeraude) - auraient conservé ces derniers lors de leur conversion vers la mission d'attaque au sol.

Le MiG descendu du ciel

De l'ère supersonique à l'ère nucléaire

Su-7B Su-7BM Cinq des six régiments de chasseurs-bombardiers de la 24.VA (19.Gv, 20.Gv, 116.Gv, 497. et 559.IBAP) ont remplacé leurs MiG-17F par des Soukhoï Su-7B "Fitter-A," pour la plupart au début des années soixante. Le 730.IBAP de Neuruppin faisait figure d'exception avec des MiG-21 à partir de 1975. Le 19.GvIBAP a commencé son rééquipement dans la seconde moitié de 1962, quelques mois après son déménagement de Wittstock vers Lärz. Selon l'ordre de bataille de la 24.VA établi par la USMLM en 1964, le régiment alignait cette année-là 36 "Fitter," 8 "Midget" et 2 "Fresco-C." Le 20.GvIBAP alors stationné à Parchim changea de monture en 1963 (12 "Fitter" / 24 "Fresco" / également 11 "Beagle" et 1 "Cab" du 74.OBAE en 1964). Les 497.IBAP de Grossenhain et 559.IBAP de Finsterwalde passaient sur Su-7B en 1964 (respectivement 36 et 42 "Fitter" toujours selon les observations de la USMLM). Enfin, le 116.GvIBAP n'abandonna progressivement ses MiG-17F qu'à partir de 1974 - il était alors basé à Brand. La production du Su-7 ayant cessé deux ans plus tôt, le régiment récupéra au fur et à mesure des machines provenant des régiments de Finsterwalde (passage sur MiG-27 - 1976), Grossenhain (Su-17M2 - 1976) et Lärz (MiG-27 - 1977). Un escadron aurait cependant conservé ses MiG-17F.

Su-7B Su-7B Le Su-7B était le premier chasseur-bombardier soviétique capable d'évoluer à vitesse supersonique. Si l'emport de bombes nucléaires tactiques n'était pas à l'ordre du jour lors de son développement, le Su-7B n'allait pas tarder à être adapté à cette nouvelle mission qui bouleverserait la doctrine d'emploi de l'aviation frontale soviétique. Le Su-7B était une évolution du chasseur Su-7 dont le prototype désigné S-1 (S-2 pour la série) effectua son premier vol le 7 septembre 1955. Cet appareil incorporait plusieurs innovations pour l'aéronautique soviétique comme un stabilisateur monobloc et une entrée d'air du réacteur à géométrie variable pour le vol supersonique. Seuls deux régiments de défense aérienne basés en Extrême-Orient en furent équipés à partir de 1959, jusqu'en 1965. Si les MiG-15bis et autres MiG-17/F avaient repris le flambeau des Il-10 dans les missions d'attaque au sol, ce n'était qu'une demi-mesure, leur charge offensive étant des plus limitées de même que leur capacité à frapper l'objectif avec précision. L'aviation frontale avait besoin d'un appareil spécialisé dans cette tâche. Le S-22 (désignation interne de l'OKB Soukhoï du Su-7B) fut développé sur base de la cellule du Su-7 (S-2) à partir de 1957, un décret gouvernemental officialisant la chose le 31 juillet 1958. Ce choix s'imposait en raison du potentiel du Su-7 (1250 km/h au niveau de la mer et Mach 2.1 à 11000 mètres, capacité d'emport potentielle de 2000 kg) et de l'incertitude quant au développement d'autres appareils - c'était l'époque de l'illusion du "tout missile." Le premier vol du prototype S22-1 du chasseur-bombardier eut lieu le 24 avril 1959. Comparativement au chasseur Su-7, le nouvel appareil avait un autre système d'armes PUS6-2 adapté à sa nouvelle gamme d'armements qui nécessitait l'ajout de pylones BD3-57 et la capacité de carburant était accrue.

Su-7BM Su-7BM De plus, le montage d'un réacteur Lyoul'ka AL-7F-1 plus puissant avec la post combustion allumée (6800 kgp à sec et 9200 kgp avec PC) que l'AL-7F d'orgine avait entraîné une modification du fuselage arrière. Des amélioration au niveau des entrées d'air de ce dernier avaient également affecté le nez de l'appareil. La production en série du Su-7B fut lancée à l'usine n°126 de Komsomolsk-sur-l'Amour dès 1960 pour se terminer en 1962 après que 431 machines aient été fabriquées. Comme le chasseur Su-7, le Su-7B et toutes ses déclinaisons ultérieures (Su-7BM, -BMK (2) et -BKL) était armé de deux canons Noudel'man-Rikhter NR-30 de 30mm montés à l'emplanture des ailes, associés au radar de tir SRD-5. L'armement externe comprenait des bombes allant jusqu'à 500kg pour une charge maximale de deux tonnes, des fusées non guidées S-5 de 57mm tirées depuis quatre conteneurs ORO-57K (8 projectiles chacun) puis des conteneurs UB-16-57U (16 projectiles chacun), près de 28 roquettes S-3K de 160mm fixées sur les rails lance-roquettes multiples APU-14A, deux ou quatre roquettes S-21 de 210mm et deux ou quatre roquettes S-24 de 240mm. Le tir des roquettes entraînant souvent un arrêt du réacteur, un système désigné KS-1 réduisait automatiquement le régime moteur au moment du tir et rétablissait ce dernier aussitôt après. Quatre points d'emport étaient disponibles, soit deux pylones BD3-57KR sous les ailes fixés entre le train d'atterrissage et la cloison d'aile et deux pylones BD3-57FR sous le fuselage. Seuls les points ventraux pouvaient recevoir deux réservoirs PTB-640.

Su-7B Su-7BM Les appareils produits à partir de 1970 étaient câblés pour emporter un conteneur de contre-mesures électroniques SPS-141 ou 142 Siren-F (Lilas). Cette modification a ensuite été étendue aux appareils construits avant. Le conteneur "Siren" (les versions 141 et 142 différaient par leurs fréquences d'emploi) était fixé avec son propre pylone sous l'aile gauche. Un conteneur UB-16-57 d'un poids équivalent au SPS était attaché sous l'aile droite afin de rétablir l'équilibre. Le conteneur ECM qui réduisait la marge de manoeuvre du Su-7 ne pouvant être largué, le pod lance-roquettes devait impérativement rester en place lui aussi. Les SPS-141/142 étaient destinés à brouiller dans le secteur avant les systèmes de guidage de l'artillerie anti-aérienne ainsi que des missiles air-sol et air-air. Le "Lilas" fonctionnait en mode "émission" ou "réception" selon le choix du pilote sur le panneau de contrôle dans le cockpit. Le principe de fonctionnement en mode "émission" consistait à capter celles de l'adversaire pour les analyser et ensuite les réémettre avec une modulation d'interférence supplémentaire. L'antenne d'émission se trouvait derrière le radôme situé à l'avant. Celle de réception était montée au bout d'une espèce de crosse de hockey à l'arrière gauche. En mode "réception," cette dernière permettait simplement de détecter les menaces de manière passive. Exception faite des machines des premières séries, les bombes nucléaires RN-24 (> Lien) (3) et RN-28 (> Lien) de 5 kt (puissance modulable pour la RN-28) pesant environ 500 kg faisaient partie de la panoplie des "Fitter". Ces armes spéciales nécessitaient une configuration particulière. La bombe était en effet toujours fixée sous le ventre de l'appareil du côté gauche, attachée à un pylone dédié BD3-56FN. Alternativement, une bombe d'entraînement IAB-500 de forme similaire à la RN-24 était susceptible de prendre sa place. Le largage des bombes nucléaires se faisait selon la technique LABS, soit un largage lors d'une ressource. Pour davantage d'informations sur cette procédure, le viseur de bombardement PBK-1 utilisé sur les Su-7B et l'usage des armes nucléaires tactiques en général, consulter en détail les liens suivants :

- Les armes spéciales
- LABS à Gadow-Rossow
- Vu de l'Est : l'attaque des batteries Hawk
- Vu de l'Ouest : L'attaque des batteries Hawk : analyse

Le Soukhoï tombé du ciel

Su-7B Su-7BM Au début des années soixante-dix, quelques appareils ont bénéficié de deux points d'emport supplémentaires fixés sous les ailes après la cloison (de tels appareils ont été observés en RDA à partir de 1972) portant la charge maximale externe à 2500 kg. Pouvaient y être attachés des conteneurs lance-roquettes UB-32-57 (trop volumineux pour les points internes) ou encore des roquettes S-21 ou S-24 ainsi que des bombes. C'est également à cette époque que des avions camouflés sont apparus dans les rangs de la 24.VA (1973). Dès 1960, des travaux ont été entamés afin d'augmenter l'autonomie du Su-7B, donnant naissance à la version Su-7BM (S-22M) entrée en service vers 1962. La capacité en carburant passait de 3415 à 3650 litres, tandis que les points d'emport de voilure étaient adaptés afin de pouvoir emporter des réservoirs de convoyage. Outre deux longs carénages situés de part et d'autre de l'arête dorsale du fuselage (néanmoins susceptibles d'être montés sur les Su-7B à partir du lot de production n°31 afin de faciliter les opérations de maintenance en y canalisant les faisceaux de fils électriques), on reconnaissait le Su-7BM au conduit externe courant du nez jusqu'au bord de fuite de l'aile sous le côté gauche du fuselage. Il s'agissait d'un composant du dispositif anti-FOD. De l'air soufflé par le dernier étage du compresseur du réacteur était dévié via ce conduit vers le bas de l'entrée d'air du nez, rejetant ainsi les corps étrangers éventuels. Le tube pitot auparavant situé au-dessus du nez au centre était déplacé à droite. Cependant, cette modification concernait déjà certains Su-7B. Le réacteur était plus fiable, son potentiel ayant été augmenté. L'armement externe restait inchangé, fixé sous quatre pylones. Comme dans le cas du Su-7B deux pylones supplémentaires furent également ajouté sous les panneaux externes des ailes. 290 exemplaires du Su-7BM avaient été assemblés lorsque la production cessa en 1965.

Su-7BM Su-7U Si les Su-7B et BM étaient capables d'opérer depuis des terrains sommairement aménagés, l'OKB-51 de Soukhoï avait poussé les expérimentations en la matière plus loin en testant des trains d'atterrissages principaux mixtes composés à la fois de roues traditionnelles et d'un petit ski monté parallèlement pour encaisser les irrégulatiés du terrain, ou même un train d'atterrissage composé uniquement de skis. Ainsi naquit le Su-7BKL (S-22KL kolesniy-lyjniy ou roue-ski) qui remplaça le Su-7BM sur les chaînes de production en 1965. Cette nouvelle version disposait dès lors d'un train principal roue/ski. Ce dernier pouvait rester légèrement relevé ou abaissé selon les besoins. Le vestige d'un tel train d'atterrissage (sans sa roue) (4), était encore visible dans la parc à ferraille de Finsterwalde au début des années quatre-vingt-dix (> Lien). De plus, deux fusées d'appoint SPRD-110 (> Lien) d'une poussée de trois tonnes chacune, pouvaient être fixées sous le fuselage arrière pour aider au décollage. On reconnaissait également le Su-7BKL au logement du parachute de freinage - auparavant caché derrière une trappe sous le fuselage - situé à la base de la dérive et dépassant sous le gouvernail de direction. Cette version essentiellement identique au Su-7BM pouvait toutefois transporter des réservoirs externes de plus grande capacité PTB-950. Les régiments de "Fitter" utilisaient bien entendu des biplaces Su-7U "Moujik" à des fins d'entraînement. La plupart des unités avaient cependant conservé des UTI MiG-15 "Midget" pour assurer aussi bien des vols d'entraînement que de servitude. On notera par ailleurs que notamment le 116.GvIBAP comptait dans ses rangs une poignée d'Aero L-29 "Maya" pour les mêmes raisons (> Lien) - bien qu'ils fussent reçus sur le tard en 1978. La production d'une version biplace du chasseur-bombardier de Soukhoï avait en effet tardé à se concrétiser, le premier appareil de série ne s'envolant qu'en avril 1966 ! C'est ainsi que ces avions bénéficiaient des améliorations des versions BM et BKL avec par exemple le dispositif anti-FOD ou la relocalisation du parachute de freinage. Les biplaces avaient conservés les canons du monoplace et possédaient une capacité d'emport de 500 kg de bombes. En outre, ils disposaient d'un viseur PBK-2 comme les Su-7BM. Les "Moujik" pouvaient également utiliser toute la panoplie de roquettes non guidées, mais en quantité moitié moindre que la version monoplace. Enfin, il était possible de fixer quatre réservoirs supplémentaires PTB-640 ou -950 sous le ventre et les ailes.

Su-7BM Su-7U Bien que les différentes versions du "Fitter" constituaient à n'en pas douter un progrès important comparativement à ses prédécesseurs, elles n'étaient par pour autant dénuées de tares comme des commandes de vol dures et peu homogènes, nécessitaient une maintenance lourde ou encore avaient un taux de perte comparable à celui des F-104 allemands... Les auteurs russes d'un ouvrage consacré au Su-7B (5) citent à ce propos le Maréchal de l'Air Konstantin A. Verchinine, commandant en chef des VVS, décrivant en 1966 les avions d'attaque Yak-28 et Su-7B : "Ils ont une capacité limitée pour détecter, viser et détruire les objectifs, un rayon d'action insuffisant et ont besoin de longues distances pour décoller [le décollage du Su-7B se produisait vers 360-380 km/h contre 220-230 km/h pour le MiG-17] et atterrir. Si on se base sur leurs caractéristiques de vol et leurs équipements, ces avions sont inférieurs aux F-105D et F-4C américains qui sont tout-temps..."

notes

(1) La mention "PVO" pour Protivovozdouchnaya Oborona signifiant Défence Aérienne est un héritage du passé quand les régiments furent activés
     - à la fin des années trente pour le 33.IAP et au début de la guerre pour les 730. et 787.IAP - en tant que Régiments d'aviation de chasse et de
     défense aérienne (IAP PVO).
(2) Le Su-7BMK était la version d'exportation avec dispositif anti-FOD, 4 pylones sous voilure et parachute localisé sous la dérive. Ce fut la version
     la plus construite avec 441 exemplaires. Certaines machines dont les livraisons furent annulées ont été incorporées dans les unités de première
     ligne des VVS et reçurent les modification nécessaires afin de leur permettre d'emporter une bombe nucléaire.
(3) RN-24 ou "produit 244" à ne pas confondre avec la bombe RDS-4 "Tatiana" de 28-42 kt datant de 1953 portant le même numéro d'article
     (> Lien). La RN-24 fut la première bombe nucléaire soviétique à être produite en série.
(4) Quelques Su-7BM ont été équipés d'un train similaire. A ce jour, il n'existe pas de photo connue de Su-7BKL basé en RDA.
     On notera par ailleurs qu'un train roue/ski a également été testé sur le MiG-21 avec de bons résultats, mais sans qu'aucune suite ne soit donnée.
(5) "Le premier chasseur-bombardier supersonique - Le Su-7B sort de l'ombre" par Viktor Markovskiy et Igor Prikhodtchenko (en langue russe).


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